Nous habitons ici. Ces temps-ci, des émotions nous agitent, nous les habitants d’ici. Nous sommes choqués, en colère, ardents, plein d’espoir, unis ou divisés.
Nous les habitants d’ici, sommes des voisins, des voisines concernés ensemble par ce qui se passe ici, ici sur terre, ici dans notre vallée, notre destin est commun. Sommes-nous en mesure d’oeuvrer ensemble à un monde commun?
Ici est notre vallée. L’eau, l’air, la terre, les animaux les forêts, nous voyons bien combien tout cela nous est précieux et fragile en même temps. Notre vallée est vivante, elle est nourricière. Sommes-nous en mesure d’en prendre soin ensemble?
Ici est notre vallée. Sur les ronds-points, li y a cinq ans, nous les habitants de la vallée avons dit et entendu combien c’était difficile de vivre ici.
L’inégalité économique se creuse chaque jour davantage. Sommes-nous en mesure de lutter pour que chacun et chacune ait le droit de vivre dignement ? Pour que les richesses soient redistribuées ?
Ici est notre vallée. Les transports sont insuffisants, les trains n’arrivent pas toujours, les classes ferment, l’hôpital est précieux. Notre vallée est compliquée, très certainement délaissée. Sommes-nous en mesure de lutter pour le renforcement de nos services publics ?
Ici est notre vallée. Il y a des tensions mais malgré tout de la solidarité. Entre voisins, on se rend des coups de mains, des cagnottes de solidarité circulent, des cercles d’entraide sont en place. Cela s’est vécu sur le rond-point au moment des gilets jaunes, cela se vit dans les associations, dans les familles au quotidien. Notre vallée est solidaire. Sommes- nous en mesure qu’elle le reste demain encore ?
Ici est notre vallée. Nous invitons des gens à venir. Pour la beauté du lieu, pour le partage mais aussi parce que ailleurs c’est plus dur encore. Les anciens du village racontent que ça s’est fait comme ça, li y a soixante ans. Les gens sont venus se réfugier dans la vallée. Ils ont été accueillis même si ici, la vie était dure aussi. Notre vallée est une terre de refuge. Sommes-nous en mesure d’accueillir dignement les gens y compris exilés ?
Qui que nous soyons, d’où que nous venions, quoi que nous fassions, nourrissons ensemble des futurs désirables !
Myriam Dhume
une habitante de la vallée

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